[...] " Ouais putain de blues, mec. Merde voilà que j'ai les pieds trempés. C'est la flotte à travers le trou dans le plancher de la camionnette. Je l'avais achetée pour la faire planer. J'ai les mains qui tremblent au volant. Bientot à Paris. Un routier sur le bas-coté qui mastique. Des motards qui hésitent en me regardant passer dans la camionnette déglinguée. Deux vaches perdues entre deux cimetières de voitures broyées. Une vieille pute, avec un vieux sac sur le bord de la route. Toujours au meme endroit. La pipe à trois sacs dans les bois appuyé contre un arbre et la bouteille d'Evian qui fait floc-floc dans le sac. " [...] *
* estratto del libro 'C'est beau une ville la nuit' di Richard Bohringer, pagina 21

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[...] " On distinguait à peine la maison. On aurait dit un gros bateau ruisselant de pluie, posé au milieu d'une clairière, illuminée par les milliers de projecteurs de la neige qui traçaient dans la nuit ses feux croisés. Je ne sais pas si cela est vrai, mais il parait, on nous l'a dit, que des milliers de lapins aux derrières tout blancs guettaient notre arrivée, cachés dans les bosquets. Et meme qu'une fée blanche et une fée noire se disputaient le privilège du premier coup de baguette. Mais c'est une autre histoire. Je crois bien que ce fut la blanche la première. En ce temps. " [...] *

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[...] '' Je passe devant la station de taxis. Le téléphone sonne. Si c'était elle! Je m'inonde! Tous les téléphones! de la ville sont à moi où que je sois. A chaque sonnerie, je tressaille, je trébuche, je tends la main, je regarde autour de moi et brusquement l'espoir s'envole. Meme dans la maison là-bas j'entends le téléphone. Faut le faire! Il n'y a pas de téléphone! Je suis obligé d'aller à la poste. Elle est chouette la poste. Elle est toute en bois. Une toute petite poste en bois. Tous les matins je vais y téléphoner. J'y vais avec Coin-coin. '' [...] *

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